Pêcheurs de métaux

Saint-Herblain, zone commerciale d’Atlantis. En ce samedi matin ensoleillé, des milliers d’automobilistes se pressent dans les parkings des grandes marques d’ameublement. Un paisible lac artificiel, à peine plus grand qu’un terrain de foot, tranche avec le vacarme ambiant de la circulation. Au bord d’un ponton de bois, allongés sur le ventre, des jeunes hommes s’acharnent à remonter des caddies à l’aide d’une corde et de puissants aimants. “Tu veux qu’on les remette à l’eau Hervé”, lance ironiquement l’un d’entre eux à un retardataire.

Ces garçons d’une vingtaine d’années font partie de “Magnetic Academy 44”, un collectif de pêcheurs à l’aimant né le 24 mai 2020 dont l’objectif est de traquer les pièces métalliques qui gisent au fond de nos cours d’eau. De la pièce de monnaie aux scooters, en passant par des armes à feux, d’étonnants objets sont régulièrement remontés à la surface. Il y a quelques jours, la petite équipe a même réussi à remonter une Renault 5. En seulement quatre mois, près de 10 tonnes de ferrailles ont déjà été repêchées et revendues “pour une bouchée de pain” à un ferrailleur.

A Nantes, les colleuses saisissent l’IGPN pour violences policières

Un « cauchemar », c’est ce qu’ont vécu six personnes membres du collectif « Les colleur.euses de Nantes » le 14 juillet dernier. Interpellées par deux policiers aux abords d’un collage dénonçant les féminicides, elles sont embarquées en garde à vue pour près de 24h. Insultes sexistes, étranglement par l’avant, menottes trop serrées, une personne jetée à terre… la scène se déroule selon elles dans la violence. Les colleuses/eurs ont saisi l’IGPN pour dénoncer leurs conditions d’arrestation et de détention.

Quatre d’entre elles sortent de garde à vue avec une convocation au tribunal de grande instance de Nantes en avril 2021, pour avoir « opposé, en réunion et sans arme, une résistance violente à une personne dépositaire de l’autorité publique ». Elles risquent deux ans de prison et 30 000 euros d’amende. Une des quatre personnes convoquées risque en plus trois ans d’emprisonnement et 45.000€ d’amende pour « violence sur personne dépositaire de l’autorité publique sans ITT ».

Vidéo: Augustin Flepp & Marine Forestier